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Outils - Méthodologie du suivi écologique

Le suivi écologique permet aux autorités de vérifier dans quelle mesure l'entité de gestion s'acquitte de son devoir de gérer les ressources de façon durable. En plus, il rend transparent aux yeux des usagers la procédure d'évaluation de leurs efforts de sauvegarde du patrimoine naturel. Le procédé de relevé ci-bas représente un compromis viable entre fiabilité statistique et coût du suivi.

L'équilibre écologique est l'objet du jeu de règles de la convention locale.


Procédé de relevé de l'indice du couvert végétal (ICV)

Résumé. Le suivi écologique permet au service forestier d'assumer sa fonction régalienne du contrôle des Associations-GLC (AGLC). L'état écologique de l'espace leur confié est évalué sur la base de 5 critères : 

a) Couvert du sol par les projections verticales des couronnes d'arbre 

b) Idem pour ce qui est de la régénération arborée 

c) Idem pour ce qui est de la broussaille 

d) Diversité des essences forestières 

e) Couvert du sol par la végétation non-ligneuse 

Les expressions quantitatives de ces 5 critères sont pondérés pour obtenir l'Indice du Couvert Végétal (ICV). Pour une zone témoin en année de base, l'ICV est de 100 points avec un écart-type de 30. Le couvert ligneux (critères a, b et c) est relevé à l'aide du dendromètre. Son application revient en principe à la planimétrie d'une photo panoramique de la végétation arborée et arbustive. Le relevé du critère d) consiste à dénombrer les essences forestières. Le couvert non-ligneux (e) est relevé en termes de la proportion de sol stérile parcouru sur une trajectoire déterminée. Les relevés annuels portent sur un total de 64 points d'observation par AGLC. L'échantillon de 64 points est stratifié sur 4 zones écologiques : Dégradé, Savane, Montagne et Galerie. Les points d'observation sont fixes et retrouvés à l'aide d'un appareil GPS. Les données sont saisies dans une fiche de relevé qui accueille également les résultats de calculs intermédiaires. Tous les calculs peuvent se faire à l'aide d'une calculatrice de poche. 

 

 Indicateurs , Zonage , Échantillon , Relevé , Traitement données , Exploitation données

 

Indicateurs et indice

Le couvert végétal est composé des strates ligneuse et herbacée.

Le couvert ligneux comporte 3 sous-strates : couvert arboré ; régénération arborée et couvert arbustif. Chacune de ces sous-strates ligneuses est évaluée en termes de mètre carré (m²) sous cime de plante ligneuse pérenne (A, R et B respectivement). La somme (A + R + B) représente l’indicateur du couvert ligneux (L).

Le couvert herbacé est considéré être la partie de la surface totale qui n'est pas occupée par des plaques "stériles" (par exemple : croûtes, cuirasses, glacis, blocs de pierres, pistes, lits d'oued etc.). Le pourcentage de la surface occupée par des étendues "non stériles" sert d'indicateur du couvert herbacé (H).

La diversité des essences ligneuses est prise en compte sous forme d’un indicateur de diversité (E).

Les trois indicateurs L, H et E sont pondérés de façon à arriver à un indice du couvert végétal (ICV) qui est déterminé par ses trois composants dans les proportions égales de 1 : 1 : 1.

 

Zonage

La variation spatiale du couvert végétal exige un échantillonnage stratifié par zone. Chaque espace est donc découpé en 5 zones principales à savoir : savane à croûtes/cuirasses/glacis (C) ; savane sablonneuse (S) ; montagne (M) ; galerie ou zone humide (G) et finage (F). L'espace hors-finage est composé des zones C, G, M et S. Les schémas ci-contre retiennent les résultats quantitatifs du zonage.

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Zonage& échantillonnage
PDF, 9 Ko

Échantillonnage

Le nombre total des placettes d’observation par espace hors-finage est fixé à 64 soit 16 groupes de 4 placettes chacun. Le nombre g de groupes par zone (C, S, M et G) est proportionnel à la fraction de la superficie qi que la zone contribue au total qtot de l'espace hors-finage :

(1)                       g = qi / qtot * 16

Le résultat de la formule (1) est arrondi au chiffre entier.

La répartition des 16 groupes de 4 placettes sur les différentes zones de l'espace hors-finage est spécifiée aux schémas ci-contre. Les 4 placettes d’un groupe se trouvent chacune à 200 m de leur centre commun et l'entourent en direction nord, est, sud et ouest respectivement.

 

Zonage & échantillonnage
JPG, 41 Ko

Relevé des données

Couvert ligneux

Le dendromètre est utilisé pour mesurer la largeur des cimes pour les 3 sous-strates du couvert ligneux. Les schémas ci-contre donnent des consignes pertinentes de procédure pratique. Les résultats du comptage par le dendromètre sont inscrits sur la fiche de relevée ci-bas. Cette fiche précise également les calculs à effectuer pour convertir les résultats du comptage au dendromètre en m2 de couvert ligneux par ha (cf. formules 2 à 5 ci-bas).

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Lecture dendromètre

(PDF, 44 Ko)

 

Couvert herbacé

En se déplaçant d'une placette vers une autre sur une ligne droite de 280 m (ou 320 pas moyens), la largeur de plaques « stériles » traversées est comptée en nombre de pas (une plaque « stérile » est définie comme partie du sol sans couvert végétal, y compris les cours d’eau, les pistes, les blocs de pierre, etc.). A partir du résultat de ce comptage, l'indicateur du couvert herbacé est calculé selon la formule (7) ci-bas.

Fiche méthodologique

(PDF, 12 Ko)

Diversité des essences ligneuses

L’essence de chaque spécimen ligneux compté à l'aide du dendromètre est enregistrée sur la fiche de relevé ci-contre. L’indicateur de diversité est calculé à partir du nombre d’essences trouvées et de leurs fréquences selon la formule (6) ci-bas.

Fiche de relevé

(PDF, 80 Ko)

Démarche

Les représentants des différentes parties prenantes (service forestier, Association-GLC et structure d'appui éventuelle) participent au relevé des données. Les données à saisir sont retenues de façon consensuelle.

Un des membres de l'équipe aura à :

- Retrouver, à l’aide d’un appareil GPS, les points d’observation ;

- Vérifier la conformité méthodologique des relevés ;

- Enregistrer dans la fiche de relevé les données consensuelles retenues.

Le rôle des autres membres de l’équipe consiste à déterminer :

- L’aperture du dendromètre qui rend 8 à 16 spécimens par tour de visée ;

- La sous-strate ligneuse à laquelle appartient un spécimen donné ;

- L’espèce de chaque spécimen retenu à l'aide du dendromètre ;

- La largeur des plaques « stériles » sur une distance de 320 pas entre 2 placettes.

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Traitement des données

Les données sont traitées manuellement sur la fiche de relevé. Les calculs suivants y sont consignés.

Pour chacune des trois sous-strates ligneuses (A, R et B pour couvert arboré, régénération arborée et couvert arbustif respectivement) le nombre de spécimens trouvé (N) est multiplié par le code de l’aperture appliquée (D) du dendromètre (1, 2, 4, 7, 16 ou 100). Le produit est divisé par la fraction de cercle (C) sur laquelle a porté le tour de visée. Le résultat correspondant représente le couvert du sol par les projections verticales des cimes :

(2)                       A = Na * Da / Ca

(3)                       R = Nr * Dr / Cr

(4)                       B = Nb * Db / Cb

Le total représente l’indicateur du couvert ligneux (L) en m²/ha :

(5)                       L = A + R + B

Le nombre total d'essences ligneuses rencontrées (Ne) ressort des observations inscrites sur la fiche de relevé. Le nombre de spécimens trouvé pour l’essence la plus rare est « min ». Celui de l’essence la plus fréquente est « max ». L’indicateur de diversité (E) est alors :

(6)                       E = (Ne – 1) + (min / max)

Le nombre cumulé (Ns) de plaques stériles en nombre de pas est divisé par la distance totale parcourue (320 pas). Le pourcentage des plaques « non-stériles » représente l’indicateur du couvert herbacé (H) en pour cent :

(7)                       H = (1 – Ns / 320) *100

L’indice du couvert végétal d'une placette (Ip) est obtenu par addition de ses trois composants (L, E, et H) dûment pondérés. Cette pondération (cf. cédérom : étude de Brahim ould Abderrahmane & F. Richter, déc-2003) assure que lesdits composants déterminent l’indice dans les proportions de 1 : 1 : 1.

(8)                       Ip = 0,021* L + 7,7 * E + 0,72 * H

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Exploitation des données

Les Ip des 64 placettes sont regroupés par zone à savoir C, G, M et S avec les fractions qc, qg, qm et qs d'occupation de l'espace hors-finage. La moyenne par zone donne Ic, Ig, Im et Is. L'ICV de l'espace hors-finage est obtenu comme moyenne pondérée :

(9)                       ICV = qcIc + qgIg + qmIm + qsIs

La base relative de l'ICV est de 100. Cette valeur comparative représente l'état écologique de la zone témoin étudiée en fin 2003 et qui était composée à part égales des 4 zones écologiques C, G, M et S.

Le jugement sur l'évolution dans le temps de l'ICV d'un espace se fait comparativement à celle de la zone témoin au cours de la même période. Le tableau ci-bas exemplifie les calculs correspondants.

 

 

Espace à évaluer

Zone témoin

ICV de l'année en cours

83

90

ICV de l'année de base

95

100

Évolution de l'ICV dans le temps par espace

-12

-10

Évolution relative de l'ICV dans l'espace GLC

-2

 

Ce résultat veut dire que l'indice de l'espace GLC s'est empiré de 2 points par rapport à celui de l'espace témoin au cours de la période considérée. La signification statistique d'un tel résultat doit être prise en compte. Son calcul méthodologiquement correct est exigeant. Cependant, pour l'appréciation approximative de cas non litigieux, on retiendra que des résultats ne seront significatifs qu'au-delà de 12 points (négatifs ou positifs). Cet ordre de grandeur se déduit comme suit.

 

Avec un écart-type de 3 unités pour l'ICV pondéré de 64 placettes (cf. cédérom : étude de Brahim ould Abderrahmane & F. Richter, déc-2003) l'erreur-type d'une différence entre années est de :

(10)                   1,41 * 3 = 4,23.

De même, l'erreur-type d'une différence relative à la zone témoin est de :

(11)                   1,41 * 4,23 = 6.

Il faudra donc au moins 2 * 6 = 12 points pour être suffisamment sûr qu'il s'agit d'une réelle différence et non pas d'effets aléatoires de relevé par échantillon.

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