Le
Guidimagha parvenait à s’auto-suffire en céréales de base quand la dégradation était encore à ses débuts. Ses ressources pastorales étaient parmi les plus importantes du pays.
Aujourd'hui, il voit son potentiel s'amenuiser suite à l'accès
incontrôlé à ses espaces et suite à une "course accélérée aux
ressources partagées" qui se poursuit depuis des décennies. Le
relief accidenté de la région ne fait qu'amplifier l'érosion entraînée
par la perte du couvert végétal. Les cultures pluviales
rendues improductives sont délaissées en faveur de cultures de contre-saison
pour lesquelles des forêts-galeries sont défrichées. Suite
à la disparition de fauves, les troupeaux ne sont plus conduits par des
bergers. La divagation est généralisée et à la base de nombreux conflits. L’ébranchage d'arbres se généralise pour apporter un complément
d’alimentation animale aux pâturages qui s'appauvrissent. La pratique sert
également à clôturer les champs pour les protéger contre le bétail
en divagation. Aux
pressions exercées par les riverains, s'en ajoutent d'autres : l'afflux croissant
de troupeaux
nomades comme celui de charbonniers
artisanaux ou commerciaux influents non-résidents. La résistance à toutes ces pressions
reste marginale. Les services techniques ne sont ni équipés ni motivés. Les
collectivités qui en seraient capables n'en ont pas la prérogative.
Dans
la région du Hodh-el-Gharbi, cette problématique n'est que
légèrement différente. Région plus sahélienne et moins accidentée,
les effets de dégradation sont plus focalisés sur les poches de zones
humides. La cause majeure se résume toujours à la surexploitation
plutôt qu'à la pluviosité réduite.
La
résolution du conflit
d'intérêt (entre élevage, agriculture et cueillette d'une part
et utilisation durable et biodiversité d'autre part) est une tâche
aussi difficile que son enjeu
est capital.
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