ProGRN Hodh el Gharbi

Un pastoralisme dominant

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Le Hodh el Gharbi constitue une vaste zone pastorale de l’Est mauritanien. Deux éléments sont particulièrement à l’origine de cette vocation : des étendues importantes de pâturages sur sols sableux, ainsi que de nombreux points d’eau semi-permanents à permanents rendant accessibles ces pâturages pendant une grande partie de la saison sèche.

L’élevage constitue l’activité principale du Hodh el Gharbi, représentant 80 % de l'économie de la région. De plus, les effectifs sont en constante augmentation.

L’important potentiel fourrager du Hodh el Gharbi lui permet de constituer une zone de repli régulière pour de nombreux troupeaux provenant notamment des Wilayas limitrophes et du Mali. Il reçoit cependant moins de transhumants en provenance d’autres régions que le Guidimakha.

Les cultures sous pluies, activité principale des populations les plus vulnérables, sont le type de culture le plus pratiqué avec les cultures de bas fonds.

Les agriculteurs restent très tributaires de la pluviométrie. En année humide, les paysans pratiquent plutôt l’agriculture pluviale dans le bassin versant des zones humides, l’agriculture de décrue étant rendue impossible par l’excédent d’eau. Au contraire, en année sèche, lorsque les pluies sont insuffisantes sur sols dunaires, les cultures se concentrent dans les champs d’agriculture de décrue au niveau des zones humides.

Les cultures sous pluies ont connu une grande diminution et ne représentent plus que la moitié des superficies cultivables et 70% des barrages ont été endommagés peu après leur réalisation.

L’arboriculture de type oasien associe en général la culture des dattiers avec celle du henné, mais ces productions sont plutôt marginales. Le maraîchage est assez récent dans le Hodh el Gharbi : introduit par des projets de développement comme une source de revenu supplémentaire pour les villages, il connaît un essor remarquable et constitue une source appréciable d’approvisionnement en légumes.

 Le couvert ligneux de la région comprend l’ensemble des espèces typiques des zones saharo-sahéliennes et sahéliennes (Acacia radiana, Balanites aegyptiaca, Acacia senegal, Leptadenia pyrotechnica, Calotropis procera), et même quelques espèces de la zone soudano-sahélienne, telles que Anogeissus leiocarpus et Tamarindus indica, sur le plateau d’El Aguer et dans les dépressions drainées par les Tayarets.

Les ressources pastorales sont constituées de diverses sortes de graminées : Cenchrus biflorus, Panicum turgidum, Aristida mutabilis, Schoenfeldia gracilis et Tetrapogon cenchriformis.

Une particularité écologique du Hodh el Gharbi est la présence de zones humides, très répandues et pourtant peu connues. Ces sites présentent une forte biodiversité, servant d'habitat pour de nombreuses espèces rares et exceptionnelles, telles que des reptiles, des oiseaux locaux et migrateurs, des végétaux aquatiques.

Ils constituent également des espaces multifonctionnels, carrefour de multiples usages pour les populations locales et les transhumants qui tirent substance et profit ces espaces, de ses ressources en eau et de sa végétation. Abreuvement, pâturage, cueillette de sous-produits forestiers, récolte de bois, pêche, ... se pratiquent conjointement sur les zones humides.

Les écosystèmes de zones humides sont de véritables réservoirs de biodiversité, très convoitées car  sur lesquelles repose l’économie des populations de l’Est mauritanien. Par les ressources irremplaçables et d’une large variété qu’elles fournissent, elles ont une valeur économique indéniable pour les villageois vivant à leur périphérie et pour les transhumants de passage sur les sites.

Deux grandes menaces sont cependant préoccupantes. La première est l'accès libre aux ressources naturelles entraînant des pratiques anarchiques et non équitables d’exploitation. La tendance à la privatisation de l'espace constitue la seconde menace, notamment au niveau des zones humides.

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