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ProGRN Guidimakha |
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Les Acquis |
Aujourd'hui, à l'échelle de la région, la couverture GLC s'étend sur 26,7% du Guidimakha (2886 km2). Sur les 13 AGLC reconnues par le Ministère de l'Intérieur : - 11 ont élaboré, fait validé et mis en oeuvre leur Convention Locale, - 2 autres attendent la reconnaissance des conventions qu'elles ont rédigées. Cette nouvelle forme d'organisation instaurée pour la première fois au Guidimakha s'ancre, s'affirme dans ses particularités régionales et répond aux attentes des usagers.
Le transfert de la responsabilité pour gérer l'espace a contribué à l'émergence d'une nouvelle forme d'organisation ainsi qu'à la formation de leadership ruraux. Cette forme d'organisation, intervenant dans une sphère publique, contribue à un changement de comportement de la population vis-à-vis de leurs ressources naturelles et témoigne d'une bonne gouvernance environnementale. Les résultats de l'ICV et les observations sur l'espace mettent en avant les preuves visibles de ce changement à travers une forte régénération du couvert ligneux.
Douze sur les treize AGLC existantes fonctionnent suivant les modalités fixées par le statut et le règlement intérieur, la treizième ayant suspendu ses actions dans l'attente de la résolution de conflits particuliers internes. La vie associative de ces AGLC est effective. Les associations ont aussi mis en place un système d'animation de proximité effectif avec le recrutement de 16 animateurs locaux. Elles ont aussi réussi à impliquer usagers et institutions informelles (jemaas) dans la démarche GLC suivie, ce qui les rend d'autant plus représentatives. Par exemple, l'AGLC de Tachott/Hassi-Chegar a doublé le nombre de ses adhérents dans le courant de l'année 2006. Des ateliers d’échanges et des visites entre AGLC sont par ailleurs programmés.
Le processus de constitution des AGLC et d'élaboration de la Convention Locale a parfois permis une relance des échanges et des concertations, permettant ainsi la résolution d'anciens conflits. Les différentes communautés présentes sur le territoire n'avaient de contacts qu'en cas de conflits. Aujourd'hui, elles se rencontrent dans le cadre des discussions autour des ressources naturelles dont elles dépendent. En formant une base sociale collective, l'AGLC rend fonctionnel et pérenne le modèle de gestion des ressources partagées.
L'Etat s'investit dans ce transfert de responsabilités de la gestion des ressources naturelles. Le Service Régional de l'Environnement récemment mis en place exprime la volonté de rompre avec le fonctionnement et les pratiques du passé. Il souhaite dorénavant apporter un appui-conseil aux usagers tout en soutenant le modèle GLC. Ce soutien s'exprime par un accompagnement des associations de leur création à la mise en oeuvre de leur Convention, notamment en ce qui concerne le suivi écologique (ICV). L'Administration a joué son rôle en accompagnant et en procédant à la reconnaissance des huit premières Conventions Locales, d'où une institutionnalisation des échanges entres les différents acteurs et signataires des Conventions. Par ailleurs, des tournées d’information sont assurées par les préfets (Hakem), le Service Environnement et le bureau de l’AGLC.
La commune et les AGLC sont deux instances oeuvrant conjointement dans un intérêt public local transféré par l'Etat. A l'origine uniquement impliquées dans la délimitation de l'espace GLC, les communes ont elles-mêmes vivement exprimé le souhait de devenir co-signataires de la Convention Locale. A ce jour, elles sont impliquées dans toutes les étapes du modèle, de la constitution des AGLC à la mise en oeuvre de ces conventions. Leur implication se manifeste à travers un soutien au fonctionnement des associations, matérialisé par l'allocation de subventions pour la réalisation d'actions de gestion des ressources naturelles. Certaines communes désirant installer l'emprise GLC sur l'ensemble de leur territoire (Dafort, Baediam) sont à l'origine de l'émergence des dernières AGLC. Cette initiative encourageante témoigne d'un engouement pour le modèle de gestion proposé. L'ancrage des AGLC au niveau communal est aussi favorisé avec l'élection de certains membres AGLC (actifs ou non) devenus conseillers municipaux voire maire lors des dernières élections municipales.
L'introduction du principe du droit d'accès payant aux ressources pour les prélèvements dépassant les besoins domestiques représente un grand changement dans ce contexte de ressources partagées en accès libre. Le recouvrement des tickets de prélèvement était compris entre 40 et 80% en 2006. Ce principe de contribution est accepté par les sédentaires et les non-résients, y compris pour le pacage.
Pour avoir un outil de planification de l'espace, le ProGRN accompagne l'Association dans l'identification des potentialités des ressources naturelles et des contraintes de gestion. Cet outil appelé Schéma d'Utilisation de l'Espace, permet de bien identifier les vocations de l'espace et les mesures de préservation, exploitation et réhabilitation à mettre en oeuvre.
L'AGLC demeure maître d'ouvrage des interventions des deux structures de la Coopération en définissant clairement les rôles de chaque acteur sur son territoire. Le groupe chargé de l'exécution des travaux d'aménagement du PGRNG est représentant et interlocuteur de l'AGLC au niveau villageois. Il contribue à toutes les actions relevant de la mission de l'association.
Les principes suivis par le ProGRN sont en adéquation avec ceux des Conventions Internationales ratifiées par le gouvernement mauritanien (Convention sur la Biodiversité, Convention sur la Lutte contre la Désertification,...). Les conventions locales respectent les principes du Développement Durable et apportent une contribution importante aux objectifs du millénaire (OMD) notamment en ce qui concerne les objectifs 1 et 7 visant respectivement à "réduire la pauvreté" et à "assurer un environnement durable". |