|
ProGRN Guidimakha |
|||||||||||||||
|
Chaque AGLC est responsable d'un terroir inter-villageois constitué de 5 à 15 villages et rassemblant entre 2000 et 12000 personnes. Sa superficie est comprise entre 77 et 393 km2 (222 km2 en moyenne), avec des limites matérialisées sur le terrain par des repères naturels facilement identifiables. Les
premières AGLC ont vu le jour fin 2004. En 2010,
60% de la région
est concernée par l'approche Gestion Locale Collective.
Elaboré
et validé par tous les acteurs impliqués dans la gestion décentralisée
des ressources naturelles, le concept de surveillance fixe
les modalités nécessaires au déploiement d'un réseau
de surveillance adapté au sein de chaque espace GLC. La surveillance
est l'activité clé de la mise en oeuvre de la Convention Locale
et vise à renforcer l'efficacité écologique des AGLC. Les surveillants circulent sur l’espace GLC suivant la stratégie élaborée par chaque AGLC. Ils renseignent, informent et sensibilisent tous les usagers (résidents et non-résidents) sur leurs droits et leurs devoirs dans l’espace GLC. Ils orientent l'usager pour ses prélèvements (technique, zone de prélèvement) en fonction de l'état et de la disponibilité des ressources, contrôlent les tickets autorisant les prélèvements et signalent à l'AGLC toute infraction au règlement de la Convention Locale. La pérennisation de ce réseau se base sur un système de motivation financière reposant sur l'attribution aux surveillants d'un pourcentage des montants qu'ils perçoivent auprès des usagers.
La Convention Locale donne la possibilité d'élaborer des régimes particuliers, règles spécifiques de gestion élaborées par les usagers relatives à un espace ou une espèce présentant un potentiel écologique et/ou économique particulier ou dont l'état s'avère préoccupant (dégradation du biotope, populations en voie de disparition). Les objectifs pour la mise en oeuvre de ces zones spéciales de gestion sont la préservation et la restauration des ressources alliées à leur exploitation durable. Ce concept encourage une gestion de proximité de l’espace au niveau villageois et inter-villageois. Avec cette possibilité de déléguer la responsabilité de gestion au plus bas niveau, les usagers participent activement à la gestion de leurs ressources. Validés en Assemblée Générale, les régimes particuliers doivent être visés par les communes concernées. Actuellement, les régimes particuliers élaborés concernent : - la préservation, la restauration et l'exploitation durable d'espaces sylvo-pastoraux (sols, couvert herbacé et ligneux) et de peuplements de gommiers, de rôniers et de baobabs, - la mise en place de ceintures de protection autour de points d'eau et de têtes de bassin-versant. Quelques mesures prises pour ces zones sous régime particulier - Des interdictions pour les campements, le feu, la coupe, l'ébranchage, le ramassage de paille ou de bois mort pour favoriser la régénération naturelle. - Des régulations de l'accès notamment pour les troupeaux qui ne doivent pas stationner dans la zone ou qui peuvent s'en voir interdir l'entrée à certains moments de l'année. - La mise en oeuvre de techniques de préservation, de restauration et d'exploitation durable des ressources telles que les pépinières/plantations/ensemencements, les ouvrages CES/DRS et des techniques de collecte des produits forestiers non ligneux (sonki, daba...). - La mise oeuvre de Plans d'Aménagement Simplifiés autorisant l'exploitation commerciale du bois pour une zone délimitée (maximum 100 ha) après évaluation de la disponibilité de la ressource et de ses capacités de régénération naturelle. L'AGLC de Moudji Sud est la première à avoir contribuer à l'élaboration d'un PAS pour la forêt de Bouli Beldi dont la mise en oeuvre doit débuté en 2010. En 2010, 12 AGLC ont au moins une zone sous régime particulier validé en AG.
L'ouverture de pare-feux contribue à la préservation des ressources sylvo-pastorales. Elle est donc primordiale dans les zones à fort potentiel fourrager. Cette mesure est réalisée suivant une technique manuelle (râteaux et racloirs fabriqués localement) dont le prix de revient au kilomètre linéaire est inférieur à celui d'une ouverture par des moyens mécaniques. Cette technique manuelle permet une valorisation et une rémunération des ressources humaines locales ainsi qu'une responsabilisation des usagers. Les 25 AGLC ont chacune réalisé un Schéma Pare-Feu (SPF) qui a permis de compléter le réseau réalisé dans le cadre de la programmation étatique annuelle. Cet outil de planification et de coordination permet à chaque AGLC de limiter au maximum la propagation des feux au sein de leur espace. Dotées de ce document, les AGLC peuvent rechercher des financements auprès de bailleurs potentiels et demander à devenir maîtres d'oeuvre à la place des sociétés commerciales actuellement recrutées pour la réalisation des tronçons financés par l'Etat. Le nombre d'AGLC impliquées ainsi que le nombre de kilomètres pare-feu ouverts et entretenus depuis la première campagne 2004-2005 (1 AGLC pour 20 km) n'ont cessé d'augmenter pour atteindre environ 1306 km réalisés par 23 AGLC lors de la campagne 2009-2010.
Le mandat de gestion que détient l’AGLC ne peut être conservé que si les actions menées au sein de l’espace s’avèrent efficaces et témoignent d’une amélioration de l’état écologique des milieux. Le contrôle de cette efficacité est assurée chaque année par la mesure de l’ICV, permettant d’apprécier l’évolution de la couverture végétale. Cet outil de suivi mis en place par le ProGRN est utilisé conjointement avec le Service Technique Chargé de l'Environnement formé à cette tâche par un cadre du Programme. Les
résultats de l'ICV ont montré que la couverture végétales des 12
espaces GLC de plus de 3 ans s'est stabilisé et a même augmenté à l'exception de
trois d'entre eux.
L'exploitation des ressources par les usagers peut leur permettre de combiner leurs intérêts économiques avec des intérêts écologiques, notamment avec la mise en place de filières porteuses. Ce développement de filières a deux objectifs : - un objectif environnemental avec l'adoption de techniques performantes de régénération et d’exploitation des ressources disponibles, - un objectif commercial avec la recherche d’une plus grande rentabilité économique des investissements par la diversification des produits et/ou des voies d'écoulement.
Actuellement 13 AGLC sont impliquées dans le développement d'initiatives économiques basées sur l'exploitation durable des PFNL (collecte/transformation/commercialisation). Les premiers PFNL visés sont la gomme arabique, le fruit du baobab et le fruit du balanites. Dans le cadre d'un partenariat entre le ProGRN et la Mauritanienne de Gomme Arabique (MGA Sarl), des transactions commerciales ont pu être réalisées entre cette société et les usagers des espaces GLC impliqués dans l'exploitation des PFNL. Lors de la dernière campagne 2009-2010, des formations ont été assurées auprès des femmes et des hommes usagers des espaces GLC. Elles ont porté sur les nouvelles techniques de saignée de l'Acacia senegal, le traitement de la gomme arabique (séchage/tri/nettoyage/calibrage). Par ailleurs, les usagers se forment et s'investissent dans des techniques de régénération d'espèces à forte valeur économique (Acacia senegal, Adansonia digitata,...) avec la réalisation de pépinières, de semis et de tests d'expérimentation de la régénération.
Pour avoir un outil de planification de l'espace, le ProGRN accompagne les AGLC dans l'identification des ressources naturelles et des contraintes de gestion. Cet outil appelé Schéma d'Utilisation de l'Espace, permet de bien identifier les vocations de l'espace et les mesures de préservation, d'exploitation et de réhabilitation à mettre en oeuvre. Cet
outil de lecture et de planification des espaces GLC permet à
chaque acteur L'AGLC demeure maître d'ouvrage des interventions des deux structures de la Coopération en définissant clairement les rôles de chaque acteur sur son territoire. Le groupe chargé de l'exécution des travaux d'aménagement du PGRNG est représentant et interlocuteur de l'AGLC au niveau villageois. Il contribue à toutes les actions relevant de la mission de l'association.
|
|
||||||||||||||